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Nomba étend ses paiements fournisseurs de la RDC vers la Zambie
La fintech nigériane Nomba permet aux entreprises congolaises de payer leurs fournisseurs zambiens, instantanément, en francs congolais ou en dollars. Un pas de plus dans une stratégie qui fait de la RDC sa base régionale.
RDC · Publié le 26 octobre 2026 · 5 min
Actu · RDC1,6 Md$
Le corridor RDC-Zambie s'équipe
Exportations de biens de la Zambie vers la RDC en 2025. Nomba y ouvre des paiements fournisseurs instantanés, en francs congolais ou en dollars.
Une entreprise congolaise qui achète en Zambie peut désormais régler son fournisseur en quelques instants. La fintech nigériane Nomba a étendu son corridor de paiement de la République démocratique du Congo (RDC) vers la Zambie. Techeconomy l'a rapporté le 21 octobre 2026, Disrupt Africa le 23 octobre. Les entreprises congolaises paient en francs congolais (CDF) ou en dollars (USD). L'argent arrive sur un compte bancaire ou un portefeuille mobile, via des partenaires locaux agréés, non nommés.
Un flux commercial déjà mesuré
Nomba ne crée pas un marché, elle s'installe sur un flux existant. Selon la Bank of Zambia, citée par les deux médias, les exportations de biens de la Zambie vers la RDC ont atteint 1,6 Md$ en 2025. C'est environ un tiers de plus qu'en 2024.
Le chiffre porte sur les échanges de marchandises, pas sur les paiements traités par Nomba. Les estimations de la valeur du « corridor » varient d'ailleurs selon les sources. We Are Tech l'évalue à « plus d'un milliard de dollars ». Le titre de Techeconomy parle de 1,2 milliard, un montant que le corps de l'article ne reprend pas. Nous retenons le chiffre de la banque centrale zambienne.
Disrupt Africa décrit les difficultés des entreprises du corridor, dans l'agriculture, le commerce de détail et le commerce de gros. Les paiements transfrontaliers sont lents, la gestion des espèces est lourde et les devises manquent. Ces trois contraintes immobilisent du fonds de roulement.
La RDC, base régionale de Nomba
Cette extension prolonge une stratégie engagée dès 2025. En novembre de cette année-là, TechCabal décrivait l'entrée de Nomba en RDC par les transferts d'argent. La fintech s'appuyait sur des agents non exclusifs et sur des partenariats bancaires pour obtenir ses licences. Elle travaillait avec la Banque centrale du Congo. TechCabal rappelait alors que plus de 80 % des Congolais n'ont jamais eu de compte bancaire. Plus de 90 % des dépôts et des crédits bancaires y sont en dollars.
En septembre 2026, Nomba a obtenu une facilité de dette de 3 millions de dollars auprès de CardinalStone Finance, selon Techeconomy. L'objectif affiché : développer les paiements transfrontaliers depuis la RDC, renforcer sa liquidité en dollars et passer par des relations bancaires à Hong Kong et à Singapour. La RDC y est présentée comme une base pour régler les échanges entre l'Afrique centrale et l'Asie. La Zambie et l'Ouganda figuraient déjà parmi les prochaines étapes.
« This facility gives us more room to move, more liquidity, more corridors, faster settlement. » Yinka Adewale, CEO de Nomba, cité par Techeconomy (septembre 2026)
Qui est Nomba
Nomba a été fondée en 2016 par Yinka Adewale et Pelumi Aboluwarin, sous le nom de Kudi, rappelle Disrupt Africa. L'entreprise se présente comme une plateforme bancaire pour les entreprises et se dit rentable. Elle a levé 30 millions de dollars en pré-série B en 2023.
Ses volumes sont ceux qu'elle communique, et ils ne sont pas présentés de la même façon d'un média à l'autre. Disrupt Africa et Techeconomy (septembre) évoquent plus de 480 millions de dollars de paiements par mois. Ce volume couvre la RDC et une structure de transfert d'argent agréée au Canada. L'article de Techeconomy du 21 octobre parle de plus de 70 milliards de dollars de paiements annualisés, sans préciser le périmètre. L'objectif annoncé est de dépasser un milliard de dollars de volume transfrontalier mensuel.
Le CEO résume ainsi le constat de départ :
« The ambition to grow intra-African trade has outpaced the financial infrastructure needed to support it. » Yinka Adewale, CEO de Nomba, cité par Techeconomy (21 octobre 2026)
Autrement dit : l'ambition de développer le commerce intra-africain a dépassé l'infrastructure financière nécessaire pour la soutenir (traduction Braincoll).
Ce que cela change pour les fintechs et PME francophones
Pour les PME congolaises qui importent de Zambie, c'est un canal de paiement supplémentaire, en francs congolais ou en dollars. Les conditions tarifaires et les plafonds ne sont pas publiés. Une entreprise qui l'envisage devra donc comparer le coût total, change compris, avec ses solutions actuelles.
Pour les fintechs francophones, le signal est stratégique. Un marché francophone, la RDC, sert de base à un acteur de Lagos pour équiper le commerce entre voisins. Le paiement fournisseur B2B entre pays limitrophes est un marché concret, avec des flux déjà mesurés par la banque centrale zambienne. Il se gagne avec des licences locales, de la liquidité en devises et des partenaires bancaires, plus qu'avec une application grand public.
La suite annoncée confirme l'ambition. Nomba veut proposer aux entreprises du corridor des dépôts, du change et du crédit, et prévoit une nouvelle levée de fonds, selon Disrupt Africa. Les corridors entre pays de la CEMAC, de l'UEMOA et leurs voisins anglophones relèvent de la même logique. Ils restent ouverts à qui saura les équiper.
Ce que l'on ne sait pas encore
Les partenaires locaux agréés de Nomba en Zambie ne sont pas nommés. Les frais, les délais réels de règlement, les plafonds par transaction et le montant de la prochaine levée ne sont pas publiés. En septembre, Techeconomy évoquait une fourchette de 20 à 50 millions de dollars pour cette levée, sans confirmation depuis.
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Sources
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