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Le Chiffre qui Compte · Fintech

UEMOA : 32,56 % des comptes mobile money actifs en 2025, selon la BCEAO

Fin 2025, l'UEMOA comptait 284,8 millions de comptes de monnaie électronique, mais seulement 92,7 millions actifs. Le tableau de bord de la BCEAO montre aussi un usage plus intense chez ceux qui s'en servent.

UEMOA (régional) · Publié le 23 octobre 2026 · 5 min

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32,56 %. C'est la part des comptes de monnaie électronique réellement actifs dans l'UEMOA fin 2025. Le chiffre figure dans le tableau de bord de l'inclusion financière 2025 de la BCEAO, mis en ligne le 20 octobre 2026. Sur 284,8 millions de comptes ouverts dans les huit pays de l'Union, 92,7 millions ont servi au moins une fois en 90 jours. Les autres, soit 67,44 %, n'ont pas servi sur cette période.

Ce que dit le tableau de bord de la BCEAO

La Banque centrale compte précisément 284 757 275 comptes de monnaie électronique ouverts en 2025, contre 248 710 918 un an plus tôt. Le parc progresse donc de 14,5 %. Les comptes actifs passent de 76 863 533 à 92 707 859.

La définition compte. Pour la BCEAO, un compte est inactif lorsqu'il reste trois mois sans être utilisé. Un compte actif a enregistré au moins une transaction au cours des 90 derniers jours. Le taux d'activité rapporte ces comptes actifs aux comptes ouverts.

Ce taux remonte légèrement : 30,90 % en 2024, 32,56 % en 2025. Il reste loin de son niveau de 2022, 41,58 %. Entre-temps, le nombre de comptes ouverts est passé de 157,5 millions à 284,8 millions. Agence Ecofin, qui a repris l'étude le 22 octobre, en tire le chiffre de 192 millions de comptes inactifs.

De 10,85 % au Niger à 60,67 % en Guinée-Bissau

La moyenne régionale masque des situations très différentes. Voici les taux d'activité 2025 publiés par la BCEAO :

  • Guinée-Bissau : 60,67 %
  • Togo : 54,48 %
  • Burkina Faso : 50,36 %
  • Mali : 32,86 %
  • Côte d'Ivoire : 30,37 %
  • Sénégal : 28,68 %
  • Bénin : 28,62 %
  • Niger : 10,85 %

Le Togo se classe deuxième. Sur 10 448 265 comptes ouverts, 5 692 485 sont actifs. À l'inverse, le Niger ne compte que 1 138 126 comptes actifs sur 10 490 289.

Le poids des marchés n'est pas le même. La Côte d'Ivoire concentre à elle seule 109,6 millions de comptes, soit 38,51 % du total de l'Union, d'après Agence Ecofin. Son taux d'activité reste pourtant sous la moyenne. Le Sénégal compte 59,7 millions de comptes, dont 17,1 millions actifs. Le Bénin en compte 40,7 millions, dont 11,7 millions actifs.

L'argent circule plus vite que les comptes ne se réveillent

Les volumes racontent une autre histoire. Le nombre de transactions passe de 11,9 milliards en 2024 à 16,4 milliards en 2025, soit une hausse de 37,3 %. Leur valeur grimpe de 156 889 milliards à 219 151 milliards de FCFA, en hausse de 39,7 %.

Le réseau suit. La BCEAO recense 1 451 794 points de service actifs en 2025, contre 962 411 en 2024.

Rapportés aux comptes actifs, ces chiffres donnent un ordre de grandeur. Selon notre calcul sur les données BCEAO, un compte actif a porté en moyenne environ 177 transactions en 2025, contre 155 en 2024. Le montant moyen par transaction reste stable, autour de 13 000 FCFA.

Une limite s'impose. Agence Ecofin souligne que les données ne disent pas si cette hausse vient d'un usage plus fréquent des comptes existants ou de nouveaux utilisateurs. Notre moyenne par compte actif est donc un repère, pas une mesure du comportement de chaque client.

Le contexte : une stratégie régionale et des paiements instantanés

Ces chiffres arrivent dans un cadre fixé l'an dernier. La Stratégie régionale d'inclusion financière 2025-2030 a été adoptée le 3 avril 2025 à Dakar. Elle vise « 90 % d'accès effectif aux services financiers d'ici 2030 », selon Sud Quotidien.

Le tableau de bord 2025 donne le point de départ. Le taux d'inclusion financière, corrigé de la multibancarisation, atteint 76,1 % en 2025, contre 73,6 % en 2024. Le taux de bancarisation strict passe de 25,2 % à 26,9 %. Le taux de bancarisation élargi, de 47,4 % à 50,6 %.

L'infrastructure évolue aussi. La plateforme interopérable du système de paiement instantané, la PI-SPI, a été mise en service le 30 septembre 2025. Elle relie 62 établissements dans les huit États membres, selon le même article de Sud Quotidien.

Ce que cela change pour les fintechs et PME francophones

Le premier enseignement est simple : ouvrir des comptes n'est plus la difficulté principale. Leur nombre a progressé de 14,5 % en un an. Ce qui progresse moins vite, c'est l'usage régulier.

Pour une fintech de la zone, le nombre d'inscrits pèse donc peu face au nombre d'utilisateurs actifs à 90 jours. C'est d'ailleurs la mesure retenue par la BCEAO. C'est aussi celle qui parle le mieux à un investisseur.

Les écarts entre pays orientent aussi les choix d'expansion. Un marché comme le Togo, où plus d'un compte sur deux est actif, offre une base d'utilisateurs déjà habitués aux paiements mobiles. Un marché à faible taux d'activité demande plus d'efforts d'éducation et d'incitation, mais laisse plus de place.

Pour les PME, enfin, la hausse des transactions et des points de service confirme que le paiement mobile s'installe dans le commerce courant. Accepter ce mode de paiement devient un sujet d'organisation plus que de pari.

Ce que le rapport ne dit pas

Le tableau de bord ne détaille pas les raisons de l'inactivité. Agence Ecofin note qu'il ne précise pas si elle tient aux habitudes de paiement, aux caractéristiques des offres ou aux stratégies commerciales des prestataires. Les données par opérateur ne figurent pas dans les chiffres que nous avons consultés.

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