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Togo : l'OTR contrôle la taxe « trimestre » sur les routes, paiement via e-TPU

Depuis le 2 novembre, l'Office togolais des recettes contrôle la TPU sur les principaux axes routiers. La taxe se déclare et se paie en ligne depuis septembre : reste à savoir si les petites entreprises s'en servent.

Togo · Publié le 2 novembre 2026 · 5 min

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Au Togo, la taxe « trimestre » se paie désormais depuis un téléphone. Et depuis ce 2 novembre, elle se contrôle aussi sur la route. L'Office togolais des recettes (OTR) intensifie le contrôle du paiement de la Taxe professionnelle unique (TPU), selon le portail officiel République togolaise. « De nouvelles opérations seront menées sur les principaux axes routiers à compter du 2 novembre », précise l'article publié le 31 octobre. Les transporteurs assujettis sont les premiers visés.

Ce que l'OTR a annoncé

La TPU est un impôt forfaitaire. Pour les transporteurs, son montant dépend des caractéristiques du véhicule : tonnage, nombre de places et catégorie de transport. Dans le langage courant, on l'appelle le « trimestre ».

L'annonce des contrôles s'accompagne d'un rappel : depuis septembre, la plateforme e-TPU permet aux PME, aux commerçants et aux autres contribuables relevant de ce régime de payer en ligne, « sans se déplacer ni faire la queue ». Le message est clair : l'outil existe, les contrôles suivent.

Ces contrôles ne sont pas une nouveauté en soi. L'OTR en a déjà annoncé par communiqué lors de trimestres précédents. En janvier 2025, il fixait leur début au 1er février 2025, pour le quatrième trimestre 2024. En octobre 2025, il les lançait au 1er novembre 2025, pour le troisième trimestre 2025. Ces deux communiqués s'appuient sur l'article 57 du Livre des procédures fiscales et visent la TPU des transporteurs routiers.

Le renforcement des contrôles intervient alors que les recettes fiscales progressent. À fin juin 2026, elles atteignaient 507,82 milliards de FCFA, en hausse de 14,3 % sur un an, selon République togolaise. Numériser la collecte et contrôler sur le terrain vont ici de pair.

e-TPU : ce que permet la plateforme

La plateforme a été lancée officiellement le jeudi 17 septembre 2026 à l'Hôtel 2 Février, à Lomé, par le ministère des Finances et du Budget et l'OTR, selon l'annonce de l'OTR citée par le site spécialisé Lookuptax. Le jour même, République togolaise présentait l'outil sous le nom « I-TPU » ; l'article du 31 octobre et l'annonce de l'OTR reprise par Lookuptax parlent d'e-TPU.

Trois démarches passent en ligne : la déclaration, la liquidation (le calcul de l'impôt) et le paiement. Elles se font « en quelques minutes », depuis un téléphone, une tablette ou un ordinateur, 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7. La plateforme met fin à des procédures « largement manuelles, avec déclarations papier et ressaisies par les agents ».

Le public visé est large : PME, micro-entreprises, artisans et commerçants relevant de la TPU. Selon Lookuptax, les règles de déclaration et de paiement ne changent pas. Seul le canal est nouveau.

« Il ne sera plus nécessaire de se rendre systématiquement dans un centre des impôts. » Georges Essowé Barcola, ministre des Finances, cité par République togolaise le 17 septembre 2026.

L'OTR met en avant trois bénéfices : la modernisation des opérations, la simplification des démarches et une plus grande équité dans le traitement des dossiers.

Un outil pensé pour le téléphone d'entrée de gamme

Le point le plus intéressant est technique. Selon République togolaise, l'OTR a conçu l'outil pour fonctionner sur un téléphone d'entrée de gamme et avec un réseau basique. Le même article rappelle qu'en février 2025, le président du Conseil, Faure Gnassingbé, avait averti que « la digitalisation peut facilement devenir un levier d'exclusion ».

Un plan d'accompagnement des contribuables a d'ailleurs été demandé à l'OTR, « pour éviter tout effet d'exclusion ». L'e-TPU est présentée comme une première étape. Les organes de recours attendus par le secteur privé devaient devenir opérationnels « dans les prochaines semaines » suivant le lancement. Le président du patronat, Laurent Coami Tamégnon, assistait au lancement.

Ce que cela change pour les PME et les startups

Pour un transporteur, un commerçant ou un artisan, le calcul devient simple. Payer en ligne évite le déplacement et la file d'attente. Mais les contrôles routiers rappellent qu'un défaut de paiement peut être constaté sur le terrain.

Pour les startups et les prestataires du numérique, l'e-TPU ouvre un autre chantier : l'adoption. Un service public en ligne n'est utile que si ses usagers savent qu'il existe, lui font confiance et savent s'en servir. Il y a là un rôle pour les formateurs, les associations professionnelles, les agents de proximité et les médias. Les comptables et les cabinets qui accompagnent les petites entreprises sont aussi concernés : la déclaration en ligne peut devenir un service à proposer à leurs clients.

Ce que l'on ne sait pas encore

Plusieurs informations utiles n'ont pas été publiées dans les sources consultées :

  • le nombre de contribuables qui ont déjà utilisé l'e-TPU depuis septembre ;
  • les moyens de paiement acceptés sur la plateforme ;
  • les sanctions prévues en cas de défaut de paiement constaté lors des contrôles ;
  • la date de mise en service des organes de recours annoncés.

Ces chiffres permettront de juger si la plateforme a vraiment changé les habitudes. D'ici là, le test se joue au bord des routes et dans les boutiques.

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