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Décryptage · Fintech

La Côte d'Ivoire et la RDC quittent la liste grise du GAFI

Le 30 octobre, le GAFI a retiré la Côte d'Ivoire et la RDC de sa liste des pays sous surveillance renforcée. Le Cameroun y reste. Pour les fintechs, les exigences de conformité qui ont permis cette sortie ne disparaissent pas.

Reste de l'Afrique · Publié le 3 novembre 2026 · 4 min

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Environ 24 mois après son inscription, la Côte d'Ivoire sort de la liste grise du Groupe d'action financière (GAFI). La décision a été actée le 30 octobre 2026 à Paris, à l'issue de la plénière tenue du 28 au 30 octobre. La République démocratique du Congo, Monaco et la Bulgarie en sortent aussi. Le Cameroun, lui, reste sur la liste.

Quatre sorties, aucune entrée

Cette plénière était la première sous la présidence britannique de Giles Thomson, selon LCB-FT.fr et Fraternité Matin. Aucun pays n'a été ajouté à la liste des juridictions sous surveillance renforcée. Avec quatre retraits, elle passe de 22 à 18 pays.

La liste noire, elle, ne bouge pas. L'Iran et la Corée du Nord restent soumis à un appel à contre-mesures, et la Birmanie à une vigilance renforcée, selon LCB-FT.fr.

Le site spécialisé relève aussi plusieurs pays toujours listés dont les échéances sont expirées : le Vietnam, le Cameroun, Haïti et le Soudan du Sud. Pour le Cameroun, cela signifie que le plan d'action n'a pas été bouclé dans les délais fixés.

Côte d'Ivoire : six réformes en deux ans

La Côte d'Ivoire avait été inscrite le 25 octobre 2024 pour des « défaillances stratégiques » de son dispositif, rappelle Fraternité Matin. Le pays s'était alors engagé, au plus haut niveau politique, à travailler avec le GAFI et le GIABA, le groupe intergouvernemental de lutte contre le blanchiment en Afrique de l'Ouest.

Six réformes étaient attendues, selon le quotidien :

  • renforcer la coopération internationale dans les enquêtes ;
  • améliorer la supervision fondée sur les risques des banques, des assurances, des notaires, des agents immobiliers et des prestataires de services d'actifs virtuels ;
  • garantir la transparence sur les bénéficiaires effectifs des sociétés, avec des sanctions en cas de manquement ;
  • mieux exploiter le renseignement financier de la CENTIF ;
  • augmenter les enquêtes et les poursuites, en cohérence avec le profil de risque du pays ;
  • consolider les sanctions financières ciblées.

Le 19 juin 2026, le GAFI a jugé le plan d'action « substantiellement achevé ». Une visite sur place a suivi en septembre. Fraternité Matin souligne la rapidité du parcours : la moyenne africaine de sortie est de 36 mois.

Les réactions et les effets attendus

Le ministre Adama Coulibaly a salué la décision. « Cette décision honore notre pays », a-t-il déclaré, selon Afrik.com. Selon Fraternité Matin, il estime que le retrait renforce la crédibilité du pays et devrait alléger le coût des emprunts, tout en prévenant qu'il n'est « pas un blanc-seing ». Le gouvernement y voit « un appel à poursuivre les réformes et à consolider durablement les acquis », rapporte Afrik.com.

Pour la RDC, Afrik.com mentionne un plan d'action de 23 mesures, dix rapports d'étape et une mission d'évaluation du GAFI en septembre 2026. Selon le même média, la sortie de la liste devrait renforcer la confiance des partenaires financiers internationaux et améliorer les relations avec les banques correspondantes.

Ce que cela change pour les fintechs et les PME

Pour une fintech ivoirienne ou congolaise, être basée dans un pays sous surveillance renforcée peut coûter cher en temps. Les partenaires étrangers, banques correspondantes, prestataires de paiement ou investisseurs, peuvent multiplier les vérifications. La sortie de la liste peut alléger ces discussions. Elle ne les supprime pas.

Surtout, les exigences qui ont permis cette sortie restent en vigueur. La supervision des prestataires d'actifs virtuels et la transparence sur les bénéficiaires effectifs faisaient partie des réformes demandées. Une startup qui documente déjà son KYC, l'identité de ses actionnaires et ses contrôles anti-blanchiment part avec une longueur d'avance face aux partenaires.

Le sujet des actifs virtuels va d'ailleurs prendre de l'importance. Lors de cette plénière, le GAFI a décidé d'accélérer la mise en œuvre de ses normes sur les actifs virtuels dans les juridictions où ce secteur est significatif, selon LCB-FT.fr. Une revue ciblée doit publier ses résultats en juin et en octobre 2027.

Au Cameroun, la situation est inverse. Le pays reste sur la liste, avec des échéances expirées. Pour les fintechs camerounaises, la conformité reste un argument de premier plan dans toute discussion avec un partenaire étranger.

Ce que l'on ne sait pas encore

La liste grise du GAFI n'est pas la seule à compter. L'Union européenne tient sa propre liste des pays tiers à haut risque. Afrik.com rapportait en juin 2025 que Bruxelles y avait placé la Côte d'Ivoire. Conséquence : les transactions impliquant le pays devaient faire l'objet d'une « vigilance renforcée » des institutions financières européennes.

Les sources consultées ne disent pas quand ni comment la Commission européenne réexaminera la situation de la Côte d'Ivoire ou de la RDC. Pour Monaco, LCB-FT.fr indique seulement que la Commission devrait revoir son statut. Le prochain rendez-vous du GAFI est sa plénière de février 2027.

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Sources

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