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Le Chiffre qui Compte · Financement & levées

Startups : le Sénégal passe de 153 à 5 millions de dollars levés

De janvier à septembre 2026, les startups sénégalaises n'ont levé que 5 millions $, contre 153 millions un an plus tôt, selon Africa: The Big Deal. En Côte d'Ivoire, une seule opération fait presque tout le total.

Sénégal · Publié le 20 octobre 2026 · 4 min

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5 millions $ : c'est tout ce que les startups sénégalaises ont levé de janvier à septembre 2026, selon le bilan publié le 20 octobre par Africa: The Big Deal. Sur la même période de 2025, le Sénégal avait attiré 153 millions $. Il était alors le premier marché du continent hors « Big Four ». Ce groupe réunit le Nigeria, l'Égypte, le Kenya et l'Afrique du Sud. En un an, le montant a fondu d'environ 97 %, selon notre calcul.

Ce que montre le bilan pays par pays

Le billet, signé Max Cuvellier Giacomelli, clôt la série du tracker consacrée aux neuf premiers mois de 2026. Il répartit les financements par pays, en excluant les startups classées panafricaines. Le décompte des entreprises ne retient que celles qui ont levé au moins 100 000 $.

Hors Big Four, les startups ont levé 260 millions $, en baisse de 29 % sur un an. Cela représente 15 % du financement réparti par pays. L'argent est allé à 106 entreprises dans 19 pays, contre 133 entreprises dans 22 pays en 2025. Les principaux montants cités :

  • Tanzanie : 53 millions $
  • Côte d'Ivoire : 48 millions $
  • Zambie : 32 millions $
  • Maroc : 30 millions $
  • Ghana : 21 millions $, en baisse de 58 %
  • Sénégal : 5 millions $

Le rapport ne dit pas quelles opérations portaient le chiffre sénégalais de 2025, ni ce qui explique sa chute. Il ne donne pas non plus le nombre de startups financées au Sénégal cette année. Nous n'avançons donc aucune cause.

Côte d'Ivoire : une levée fait l'année

Le cas ivoirien montre la fragilité de ces totaux. Sur 48 millions $, 45 millions $ viennent d'une seule opération, celle de GoCab. Cela fait environ 94 % du total national, selon notre calcul. Pour le reste de l'écosystème ivoirien, il reste de l'ordre de 3 millions $ sur neuf mois.

Le Maroc, avec 30 millions $, est l'autre pays francophone cité dans la répartition. Le Bénin et le Togo n'apparaissent pas dans le bilan.

Le Bénin, deuxième ou absent selon le tracker

Cette absence surprendra ceux qui suivent d'autres classements. Le 7 septembre, Sikafinance relayait des données de TechCabal Insights sur janvier-août 2026. Le Bénin y figurait au 2e rang africain, avec 327,1 millions $, derrière le Nigeria. L'article attribuait cette place au tour de table de Spiro, en juin.

Africa: The Big Deal traite ce dossier autrement. Spiro, très active au Kenya, est désormais classée comme panafricaine dans sa base de données. Ses levées sortent donc des totaux par pays. Les deux trackers ne rattachent pas cette entreprise de la même façon.

Le rang d'un pays dépend donc autant de la méthode de rattachement que de l'activité de ses startups. Une seule grosse opération, comptée ici ou là, suffit à faire basculer un classement.

Les Big Four gardent 85 % de l'argent

Le Nigeria a levé 635 millions $, 2,6 fois plus qu'en 2025 (247 millions $). Il concentre 37 % du financement hors entreprises panafricaines, son plus haut niveau depuis 2021. L'Égypte suit avec 445 millions $, en hausse de 10 %. Le Kenya (201 millions $, en baisse de 73 %) et l'Afrique du Sud (182 millions $, en baisse de 58 %) reculent nettement.

Ensemble, ces quatre pays captent 85 % du financement des startups rattachées à un pays, contre 83 % en 2025. Sur le continent, le financement est globalement stable sur un an, selon le tracker.

Ce que cela change pour les startups francophones

Pour un fondateur à Dakar, à Abidjan ou à Lomé, ces chiffres appellent trois remarques concrètes.

  • Un total national bas ne juge pas un dossier. Il traduit surtout la présence ou l'absence de quelques grosses opérations.
  • Les investisseurs lisent pourtant ces bilans. Un marché passé de 153 à 5 millions $ suscitera des questions en rendez-vous ; mieux vaut arriver avec ses propres repères de marché.
  • Un classement se cite avec sa source et sa méthode. Le Bénin, 2e chez l'un et absent chez l'autre, montre le risque d'une comparaison sans précision.

Deux données manquent encore. Le rapport ne donne pas de total pour l'Afrique francophone. Il ne sépare pas non plus capital et dette pour chaque pays. Elles permettraient de savoir si le creux sénégalais touche les jeunes startups ou seulement quelques grandes opérations.

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Sources

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