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Décryptage · Financement & levées

Côte d'Ivoire : 20 startups du PAES préparées à la levée, 10 iront au Maroc

À Abidjan, 20 startups finalistes du programme PAES de Cdc-CI Capital et de l'Agence Emploi Jeunes ont bouclé leur préparation à la levée de fonds. Dix rencontreront des investisseurs internationaux au Maroc en décembre.

Côte d'Ivoire · Publié le 27 octobre 2026 · 4 min

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20 startups ivoiriennes ont terminé le 24 octobre à Abidjan une préparation intensive à la levée de fonds. Elles sont les finalistes de la deuxième édition du Programme d'appui à l'écosystème des startups (PAES). Le programme est porté par Cdc-CI Capital et l'Agence Emploi Jeunes (AEJ), avec Plug and Play Tech Center comme partenaire. Dix d'entre elles seront retenues pour rencontrer des investisseurs internationaux au Maroc en décembre 2026, selon Fratmat. Ni les startups, ni les investisseurs, ni la ville d'accueil n'ont été nommés.

Cinq jours pour devenir « finançable »

Le pitch final du samedi 24 octobre a marqué « l'aboutissement de cinq jours de formation destinés aux 20 startups finalistes », écrit Fratmat. Linfodrome situe cette semaine de préparation du 19 au 24 octobre. Le programme couvrait cinq chantiers :

  • le perfectionnement du pitch ;
  • la préparation du dossier investisseurs ;
  • la structuration de la data room ;
  • la négociation des conditions d'investissement ;
  • la stratégie de recherche de financements.

Arthur Coulibaly, directeur général de Cdc-CI Capital, a résumé l'ambition : mener les entrepreneurs « de l'idée à la startup qui lève des fonds et crée des emplois ». Halima Zahzah, directrice pays de Plug and Play au Maroc, a salué une initiative qui pose « des fondations concrètes ».

Un entonnoir lancé en mars

Cette étape conclut un parcours ouvert au printemps. Selon Fratmat, le PAES 2026 a été lancé le 28 mars par Mamadou Touré. Il est ministre de la Promotion de la jeunesse, de l'Insertion professionnelle et du Service civique. Il repose sur quatre axes : le renforcement des structures d'accompagnement, l'appui direct aux startups, le financement de l'amorçage et du prototypage, et la promotion de l'entrepreneuriat étudiant.

Le 1er juillet, Fratmat annonçait le début de la formation de 150 startups retenues. Le parcours prévoyait plusieurs semaines de formation et des masterclass en intelligence artificielle, fintech, climatech et agritech. Suivaient la sélection de 20 startups, puis l'immersion de 10 d'entre elles au Maroc. Dans son article du 24 octobre, le même journal compte 157 startups accompagnées en 2026. L'écart entre les deux chiffres n'est pas expliqué.

Le programme a aussi un volet étudiant. Fratmat recense 9 024 jeunes sensibilisés à l'entrepreneuriat et 2 612 étudiants formés au Design Sprint. En juillet, le journal précisait que ces étudiants venaient de 50 universités et grandes écoles, réparties sur 12 pôles régionaux, et que 51 % étaient des femmes. Le 23 septembre, le concours « Design sprint universitaire », rattaché au PAES, a distribué 50 millions FCFA à trois équipes lauréates. Une troisième édition du PAES est en préparation. Elle doit aider les universités à lancer leurs propres programmes de Design Sprint et à pérenniser leurs incubateurs.

Un marché qui dépend d'un seul gros tour

Le contexte explique l'intérêt d'un tel vivier. Selon Africa: The Big Deal, la Côte d'Ivoire a levé 48 millions de dollars de janvier à septembre 2026. Presque tout vient du tour de 45 millions de dollars de GoCab. Le pays se classe ainsi deuxième marché hors « Big Four », derrière la Tanzanie (53 millions de dollars).

Autrement dit, hors GoCab, les montants levés par les startups ivoiriennes sur neuf mois restent faibles. Un écosystème dans cette situation a moins besoin d'un nouveau gros tour que d'un flux régulier de dossiers prêts à être étudiés par des investisseurs.

Ce que cela change pour les fondateurs francophones

Les cinq modules du PAES décrivent ce qu'un investisseur attend d'un dossier. Une data room ordonnée, des comptes lisibles et une compréhension des termes d'investissement raccourcissent les délais d'analyse. Ces éléments se préparent avant la rencontre, pas après.

Pour les startups ivoiriennes qui n'ont pas été retenues, la troisième édition en préparation est la prochaine fenêtre. Ses modalités, son calendrier et ses critères n'ont pas encore été publiés. Pour les fondateurs d'autres pays d'Afrique francophone, le montage mérite attention. Cdc-CI Capital, l'Agence Emploi Jeunes et Plug and Play s'y associent autour d'une sortie concrète : la rencontre avec des investisseurs.

Le vrai test viendra après décembre. Le nombre de tours de table conclus par les dix startups retenues dira si la préparation a porté ses fruits.

Ce que l'on ne sait pas encore

  • Les noms et secteurs des 20 finalistes et des 10 startups retenues.
  • La ville, la date exacte et les investisseurs du rendez-vous au Maroc.
  • Les montants recherchés et les éventuels financements apportés par Cdc-CI Capital.
  • Le calendrier et les critères de la troisième édition.
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