Le Chiffre qui Compte · Financement & levées
Madica obtient 6 millions de dollars de Flourish Ventures pour 25 à 30 startups
Flourish Ventures apporte 6 millions de dollars à Madica pour financer 25 à 30 startups africaines de plus en pré-amorçage. Le programme, déjà présent au Cameroun, exige des clients payants avant d'investir.
Reste de l'Afrique · Publié le 28 octobre 2026 · 5 min
Le Chiffre qui Compte · Reste de l'Afrique6 millions $
Madica prolonge son pilote pré-amorçage
Flourish Ventures finance 25 à 30 startups africaines de plus. Condition clé : avoir déjà des clients payants.
6 millions $ : c'est l'enveloppe supplémentaire que Flourish Ventures apporte à Madica, son programme d'investissement en pré-amorçage dédié aux startups africaines. Annoncée le 27 octobre 2026, elle prolonge de trois ans un pilote lancé en 2022. Elle doit permettre de financer 25 à 30 startups de plus. Le montant a fait les titres. Pour un fondateur francophone, l'information utile tient pourtant dans les critères : Madica investit dans des entreprises qui ont déjà des clients payants.
Ce que prévoit la nouvelle enveloppe
Launch Base Africa et TechMoran ont relayé l'annonce le même jour. Les 6 millions de dollars servent deux objectifs. Le premier : investir dans 25 à 30 entreprises supplémentaires. Le second : renforcer l'accompagnement des startups, ce que Launch Base Africa décrit comme un appui à la construction d'entreprise.
Deux informations manquent. Le ticket maximal par startup de cette nouvelle phase n'a pas été publié. La date d'ouverture des prochaines candidatures non plus. TechMoran précise seulement que les dossiers se déposent sur le site de Madica.
Quatre ans de pilote : 18 startups et un premier bilan
Madica est né en 2022. Dans son communiqué du 24 octobre 2022, Flourish Ventures annonçait 6 millions de dollars d'investissement, plus un montant équivalent réservé à l'accompagnement. L'objectif affiché : financer 25 à 30 startups en trois ans, avec jusqu'à 200 000 dollars chacune.
Quatre ans plus tard, le portefeuille compte 18 startups, dans 10 pays et 12 secteurs, soit moins que la cible annoncée au lancement. Les secteurs vont de la climate-tech aux semi-conducteurs, en passant par l'IA, les ressources humaines, la biotechnologie et la mobilité. Selon Launch Base Africa, ces startups ont attiré en financements de suivi, en moyenne, deux fois l'investissement de Madica.
TechMoran cite plusieurs noms. GoBeba, Kola Market et NewForm Foods ont chacune reçu 200 000 dollars. Medikea, Motherbeing, Pixii Motors et ToumAI font aussi partie du portefeuille. En avril 2026, Madica a annoncé 600 000 dollars d'investissements dans Kilimo Fresh, Hakimu et Biovana.
Le responsable du programme assume le temps long :
« We see this as an experiment that needs more time to produce durable businesses and returns. » (« Nous voyons cela comme une expérience qui a besoin de plus de temps pour produire des entreprises durables et des rendements. ») Emmanuel Adegboye, responsable de Madica, cité par TechMoran
Selon Launch Base Africa, Emmanuel Adegboye estime que ces trois années ont apporté des enseignements précieux, mais que bâtir des entreprises durables et mesurer les résultats d'un investissement prend plus longtemps. Efayomi Carr, associé chez Flourish Ventures et cofondateur de Madica, dit garder la conviction que les talents africains peuvent bâtir des entreprises de rang mondial. Flourish Ventures gère 850 millions de dollars d'actifs et compte plus de 100 entreprises en portefeuille, dont Flutterwave, selon Launch Base Africa.
Un guichet déjà ouvert à l'Afrique francophone
Madica n'a pas attendu cette annonce pour regarder vers l'espace francophone. Le 17 septembre 2026, AITN rapportait ses premières opérations en Algérie et au Cameroun. Cinq startups étaient concernées : Talenteo (Algérie, ressources humaines), Paysika (Cameroun, néobanque), ChipMango (Nigeria, puces électroniques), Delta Oil et Bekia (Égypte, économie circulaire). Leurs fondateurs suivent un accompagnement de 18 mois.
Sur les montants de ce tour, les sources ne disent pas la même chose. AITN évoque un investissement pouvant aller jusqu'à 200 000 dollars. TechMoran parle de jusqu'à 1 million de dollars pour les cinq startups. Les deux chiffres sont compatibles si le plafond s'entend par entreprise, mais aucune des deux sources ne le précise.
Autre signal, rapporté par Launch Base Africa : environ 40 % des candidatures viennent de pays autres que le Nigeria, le Kenya, l'Afrique du Sud et l'Égypte, les quatre plus gros marchés du capital-risque africain. Les dossiers reçus couvrent 78 pays et 28 secteurs. Toutes les startups du portefeuille sont majoritairement détenues par des Africains. Plus de la moitié comptent au moins une cofondatrice, et 39 % sont dirigées par une femme.
Les quatre critères à remplir avant de candidater
Les conditions publiées par Madica, reprises par Launch Base Africa et TechMoran, sont les suivantes :
- Un produit minimum viable, avec une traction prouvée par des clients payants.
- Des fondateurs à plein temps sur le projet.
- Peu ou pas de financement institutionnel déjà levé.
- Un siège en Afrique.
La condition des clients payants est la plus sélective. Elle place la barre au-dessus de l'idée ou du prototype : il faut des revenus, même modestes, avant de déposer un dossier. Pour une startup de Lomé, de Dakar ou d'Abidjan, cela veut dire documenter cette traction en amont : nombre de clients payants, revenus mensuels, part de clients qui reviennent.
Le critère du financement institutionnel mérite aussi attention. Une startup qui a déjà levé auprès d'un fonds risque de sortir du cadre. Une subvention ou un prix de concours entre-t-il dans ce périmètre ? Les sources ne le disent pas. La question est à poser à l'équipe de Madica avant de candidater.
Ce que l'on ne sait pas encore
Plusieurs éléments restent à publier : le montant maximal par startup pour cette nouvelle phase, le calendrier des candidatures et la part de l'enveloppe réservée à l'accompagnement. Madica n'a pas non plus indiqué de répartition géographique cible. Braincoll suivra l'ouverture des candidatures.
Choisissez un article, indiquez votre pays et votre secteur : l'IA en tire des pistes d'action adaptées.
Sources
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