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Le Chiffre qui Compte · Growth & marketing

Startups africaines à l'étranger : 67 % liées aux États-Unis, selon TLP Advisory

Sur 100 entreprises tech africaines déjà internationalisées, 67 % ont un lien avec les États-Unis, mais 81 % d'entre elles n'y ont qu'une immatriculation. Le Royaume-Uni et les Émirats accueillent davantage d'activité réelle.

Reste de l'Afrique · Publié le 4 novembre 2026 · 5 min

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67 % des 100 entreprises tech africaines étudiées par TLP Advisory ont un lien avec les États-Unis. Pour 81 % d'entre elles, ce lien se résume à une immatriculation. Le chiffre ouvre « Home and Away: Tracking African Tech's Global Footprint », troisième rapport annuel du cabinet, daté du 3 novembre 2026. Il éclaire une question que se posent beaucoup de fondateurs : à quoi sert vraiment une société à l'étranger ?

Une étude sur 100 entreprises déjà présentes hors d'Afrique

TLP Advisory est un cabinet de droit du capital-risque transfrontalier, ancré à Lagos, selon Techpoint Africa. Son rapport porte sur 100 entreprises tech du Nigeria, du Kenya, d'Afrique du Sud, d'Égypte, du Ghana et du Maroc. Trois destinations sont étudiées : les États-Unis, le Royaume-Uni et les Émirats arabes unis.

La méthode a une limite que le cabinet reconnaît lui-même. Les entreprises ont été choisies parce qu'elles avaient des liens documentés à l'étranger. TLP Advisory précise, d'après BusinessDay, que les résultats ne sont pas représentatifs de l'ensemble de l'écosystème. Tech-ish ajoute que chaque pourcentage ne porte que sur les entreprises liées à la destination concernée. La taille de ces groupes n'est pas publiée.

Selon BusinessDay, l'étude a été soutenue par le Collaborative Impact Fund, géré par le UK-Nigeria Tech Hub dans le cadre du Digital Access Programme du ministère britannique des Affaires étrangères.

Trois destinations, trois usages

Les chiffres dessinent une division du travail nette entre les trois pays.

  • États-Unis : 67 % des entreprises y sont liées ; 90 % de celles-ci y sont immatriculées, souvent dans le Delaware ; 81 % n'ont aucun autre lien recensé ; 3 % détiennent une licence réglementaire.
  • Royaume-Uni : 32 % des entreprises y sont liées ; 84 % de celles-ci y sont immatriculées, 47 % y ont une présence opérationnelle et 19 % une licence.
  • Émirats arabes unis : 23 % des entreprises y sont liées ; 87 % de celles-ci y opèrent réellement, mais 4 % seulement ont une licence.

BusinessDay résume la lecture du rapport. Les États-Unis offrent la plus large portée, surtout pour l'immatriculation et l'accès aux investisseurs. Le Royaume-Uni sert plus souvent de base opérationnelle complète. Les Émirats jouent le rôle de plateforme vers le Moyen-Orient et l'Asie, avec leurs zones franches. Un cas illustre ce dernier point : 70 % des entreprises égyptiennes de l'échantillon ont un lien avec les Émirats, contre 50 % avec les États-Unis.

Lors du lancement du rapport, Odunoluwa Longe, qui a cofondé TLP Advisory, a commenté le cas britannique.

« It comes with licences, teams on the ground and customers » (« Cela s'accompagne de licences, d'équipes sur place et de clients »), Odunoluwa Longe, TLP Advisory, selon Techpoint Africa.

S'implanter pour de bon coûte cher

Techpoint Africa rappelle que l'expansion réelle a un prix. Moniepoint avait lancé MonieWorld en avril 2025 pour servir le corridor entre le Royaume-Uni et le Nigeria. La plateforme a été fermée après environ 18 mois ; la date exacte n'est pas donnée.

La fintech sud-africaine Float a choisi le Royaume-Uni pour son environnement familier. Son fondateur, Alex Forsyth-Thompson, reconnaît que l'expansion a coûté plus cher que prévu, notamment en marketing et en conformité. Des fondateurs marocains ont aussi constaté qu'un corridor jugé facile ne produisait pas automatiquement de partenariats locaux.

Hannah Williams, directrice du commerce et de l'investissement pour l'Afrique au sein du gouvernement britannique, place la barre ailleurs que sur les immatriculations :

« The measure of success isn't how many African companies set up a legal presence in the UK » (« Le succès ne se mesure pas au nombre d'entreprises africaines qui créent une présence juridique au Royaume-Uni »), Hannah Williams, selon Techpoint Africa.

Funkola Odeleye, de TLP Advisory, souligne un autre mécanisme. Selon Techpoint Africa, les investisseurs étrangers peuvent pousser les startups à rapprocher d'eux leurs actifs et leur propriété intellectuelle. Davantage de capital local réduirait cette pression.

Ce que cela dit aux fondateurs d'Afrique francophone

Aucun pays d'Afrique subsaharienne francophone ne figure dans l'échantillon. Les conclusions ne peuvent donc pas être transposées telles quelles à Dakar, Abidjan ou Lomé. La grille de lecture, elle, reste utile.

Tech-ish distingue trois notions : l'immatriculation, qui enregistre une société dans un pays ; les opérations, qui supposent une activité réelle ; et la licence, qui autorise des activités précises. Selon cette grille, une immatriculation ne suffit pas pour exercer une activité réglementée comme les paiements. Pour une fintech, la différence entre 81 % d'immatriculations simples et 3 % de licences aux États-Unis est parlante.

Tech-ish propose de partir du but : quels clients ou quels financements la structure doit-elle atteindre ? La forme juridique et les obligations en découlent. Pour un fondateur francophone, la question devient concrète. Une société à l'étranger sert-elle à lever des fonds, à vendre, ou aux deux ? Les cas de Moniepoint et de Float montrent que la seconde option demande un budget dédié.

Odunoluwa Longe appelle par ailleurs à des règles plus compatibles entre pays africains. Techpoint Africa note que le système panafricain de paiement PAPSS facilite les paiements, mais ne règle pas les écarts de réglementation nationale.

Ce que le rapport ne permet pas de conclure

L'étude ne mesure pas la part de toutes les entreprises tech africaines présentes à l'étranger. Elle ne fournit pas de chiffres comparables pour les années précédentes, souligne Tech-ish : on ne peut donc pas parler d'un mouvement des États-Unis vers le Royaume-Uni. Les définitions détaillées de « présence opérationnelle » et de « licence » ne sont pas publiées. Le rapport complet est accessible via un formulaire d'inscription sur le site du cabinet.

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